Que l’on ferme les portes et que l’on couvre les fenêtres.
Eteignez les bougies et les lumières de nuit.
Faites taire les oiseaux et laissez la mer transpercer le vent.
Que le temps se fasse absent et que le silence jaillisse.
Décrochez les peintures, les miroirs, et les souvenirs des murs.
Que les arbres en fleur laissent leur progéniture faner au sol.
Décomposez les notes de musiques et faites-en un vacarme.
Que le Soleil s’habille d’une robe de velours noir.
Mettez les drapeaux en berne et séparez-vous.
Mettez au feu tous les livres et tous les encriers,
les plantes sauvages, la faune et vos grandes valeurs.
Jetez les belles robes et les chemisiers de soie.
Découpez les grands chefs d’oeuvres au ciseau à tissus.
Oubliez vos rires, ceux de vos enfants et le chant des oiseaux.
Versez dans l’eau les derniers poisons qu’il vous reste.
Que l’on réouvre les tombeaux et que les morts puisse parler.
Baissez vos mains jointes, vos regards vers le Ciel, votre garde,
Rien ne sera plus pareil, rien ne vibrera plus dans l’oscillation du temps.